MÉDECINE INTÉGRALE
Obésité, microbiote et inflammasome
pourquoi l’obésité persiste malgré les régimes ?
Depuis les années 1950, la médecine a traité l’obésité comme un problème de balance énergétique : « mangez moins, bougez plus. »
Soixante-dix ans plus tard, les chiffres explosent :
- 1 adulte sur 2 en surpoids en France
- 17 % des Français sont obèses
- Le diabète de type 2 progresse chaque année
Comment expliquer cet échec collectif ?
Et pourquoi tant de patients reprennent du poids après chaque régime ?
La réponse tient en un mot ignoré trop longtemps : inflammation.
Les causes de l’obésité: Une inflammation silencieuse, mais systémique
L’obésité n’est pas qu’un excès de graisse. C’est une maladie inflammatoire de bas grade, c’est-à-dire une inflammation permanente mais discrète, sans fièvre ni douleur aiguë.
Elle perturbe :
- L’action de l’insuline (résistance insulinique)
- Le fonctionnement des cellules pancréatiques
- Le métabolisme du foie et du muscle
- La régulation de la satiété
Or, cette inflammation ne vient pas seulement de l’alimentation. Elle est souvent initiée dans un organe qu’on oublie : l’intestin.
L’inflammasome NLRP3 : un acteur invisible mais central
Au cœur de cette inflammation chronique se trouve un complexe moléculaire intracellulaire appelé inflammasome NLRP3.
Son rôle ?
Activer la production de cytokines pro-inflammatoires, en particulier l’interleukine-1β (IL-1β), en réponse à des signaux de danger.
Ces signaux sont nombreux chez les patients obèses :
- Acides gras saturés en excès
- Toxines issues d’une flore déséquilibrée
- LPS (lipopolysaccharides bactériens)
- Stress oxydatif
Une fois l’inflammasome activé, l’organisme entre dans un état inflammatoire de fond, silencieux mais destructeur.
Microbiote et obésité : un lien désormais irréfutable
De nombreuses études montrent que le microbiote intestinal des personnes obèses est profondément altéré, avec :
- Moins de diversité bactérienne
- Moins de bactéries protectrices (Akkermansia, Faecalibacterium)
- Une prédominance de bactéries pro-inflammatoires
Cette dysbiose, favorisée par l’alimentation moderne, favorise l’activation de l’inflammasome, qui à son tour entretient :
- La résistance à l’insuline
- La production de graisse viscérale
- L’état inflammatoire systémique
- L’apparition du diabète de type 2
En résumé : le surpoids n’est pas la cause. Il est la conséquence d’un terrain inflammatoire intestinal.
Pourquoi les régimes échouent presque toujours
Les approches classiques :
- Régimes restrictifs
- Médicaments coupe-faim
- Chirurgie bariatrique
…ne traitent aucun des mécanismes inflammatoires.
Pire : la restriction sévère stresse le microbiote, augmente la perméabilité intestinale et relance l’inflammasome après un effet initial.
C’est pourquoi tant de patients connaissent :
- Une perte de poids rapide… suivie d’une reprise souvent supérieure
- Une fatigue chronique
- Une perte musculaire
- Des troubles digestifs et hormonaux
Le protocole DSRR : une approche intégrale et physiologique
Le protocole que je propose repose sur une logique biologique inversée :
Réparer d’abord, maigrir ensuite.
- Détoxication
Éliminer les perturbateurs métaboliques (sucres raffinés, pesticides, plastiques alimentaires)
- Stimulation du microbiote
Réensemencer la flore protectrice, via des fibres, des ferments, une diète anti-inflammatoire
- Réparation de la barrière intestinale
Soutenir les muqueuses (glutamine, zinc, polyphénols), restaurer l’intégrité
- Régénération cellulaire
Relancer le métabolisme cellulaire, réparer les tissus, restaurer les récepteurs hormonaux
Tant que la médecine s’acharnera à combattre les kilos sans s’attaquer au terrain digestif et inflammatoire, l’obésité ne reculera pas.
Loin des dogmes diététiques et des traitements de surface, une médecine des causes devient urgente.
L’obésité n’est pas une question de volonté. C’est une inflammation programmée par l’intestin.
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